Tel est pris qui croyait prendre pourrait être la « morale » de ce film qui en est totalement dépourvu. Un excellent film policier, une bonne occasion d’utiliser l’expression un peu sophistiquée de « whodunit » tant il est vrai que la construction très maîtrisée du scénario se fait remarquer en particulier sur ce point, différer, jusqu’au terme du film, la découverte de la vérité.
L’histoire se passe de nos jours, dans des faubourgs quelconques de Paris. Aucun élément de ce scénario n’est à mentionner sauf à spoiler le film.
Ce qui rend le film impressionnant, ce sont les 3 acteurs principaux qui en assument admirablement les turpitudes : Sandrine Kiber-lain confirme une fois de plus son admirable talent, une superbe
femme dans un rôle de mère ravagée, Romain Duris qui campe un personnage extrêmement étrange sous des apparences bcbg et Vincent Cassel qui a trouvé là un rôle qui marquera sa carrière déjà si riche en personnages forts.
L’image est particulièrement intéressante, par le traitement chromatique, par la mobilité quasi permanente des cadres, la fluidité des mouvements d’appareils, et par le fait que deux caméras sont généralement à l’œuvre en même temps, ce qui favorise un montage très percutant.
Et puisqu’on est dans un film policier, il faut dénoncer une fois encore le détournement ici presque parfait, comme certains crimes, du tax shelter.