Voilà un film long (2:30) qui sera adulé par les intellos de l’art cinématographique, qui se veut pointu, qui cherche une originalité dans les rangs des critères nobles du cinéma : scénario imprévisible et qui le reste jusqu’à la fin, un traitement de l’image à tous les niveaux très sophistiqué (photographie, cadrages, mouvements d’appareil) un dépaysement qui perd le spectateur dans des lieux inconnus, des scènes dont on ne sait si elles sont réelles ou rêvées... Une diversité et une singularité de nombreux moments, de décors, d’actions qui semblent un passage à gué, en eaux troubles. Sommes-nous dans le roman du protagoniste qui rêve d’être écrivain ?
Bref, tout un appareil qui permet une construction narrative en volute, une accumulation de mille petites choses qui vont déboucher sur une scène finale qui n’est pas indifférente.
Cela se passe en Corée du Sud, ce qui ajoute un peu de saveur au dépaysement, proche de la confusion. Les acteurs, jeunes et talentueux, ont un jeu très « introverti » qui nous oblige à deviner leurs sentiments, à supposer qu’ils en éprouvent. Voilà un film qui marquera celles et ceux qui auront la curiosité de le voir et prendront plaisir aux mystères restés inexpliqués.