Adapté d’un roman qui nous est évoqué par la voix off très présente de Vanessa Redgrave, l’histoire est celle de la création, dans un village reculé, d’une librairie. Elle occupera un bâtiment convoi-té par d’autres. Et tout le film est le portrait de ce microcosme very British. Adorable et profondément cruel sous des dehors d’une exquise civilité. Réalisé par une espagnole, le ton anglais me semble cependant très habilement mis en scène. Quoiqu’en écrivent certains critiques qui tirent à boulets rouges sur un joli film, en particulier au motif qu’il serait un europudding, le produit des contraintes de coproduction.
Le style du film est très convenu, avec de belles musiques, avec de belles reconstitutions, une belle image, des acteurs tous parfaits, un montage très classique, des cadres et des mouvements d’appareil mis en place pour faire beau. C’est un peu lent, mais ce rythme convient si bien à cette façon hyper retenue de s’exprimer, cette manière très victorienne de refouler ses sentiments et ses émotions, sauf dans de rares moments où éclatent la colère et l’indignation.
Une très agréable façon de se distraire si l’on n’a rien trouvé à lire dans sa librairie favorite.