Amy (139), le retour. Comment ne pas se souvenir avec émotion de ce portrait d’une superbe chanteuse de grand talent qui sombre dans la drogue et les pièges du show business ? Ce film-ci, consacré à Whitney Houston, est le triste et affligeant symétrique de cette montée au firmament de la gloire, et la chute qui s’en suit, jusqu’au plus profond de l’enfer.
Les éléments qui constituent ce documentaire sont d’évidence : images d’archive de la carrière de la chanteuse, interviews face caméra, et des images contextuelles. Mais le producteur du film fut manager de la vedette ; cela s’appelle un (grave) conflit d’intérêt !
Si les moments de beauté, de bonheur, sont présents, fugitivement, c’est surtout le mécanisme de sable (é)mouvant, qui va absorber cette déesse, qui sont décrits par petites touches tout au long de ce film qui attriste, car l’on y voit et entend ce qui est le plus beau du talent, et le plus abject de ceux qui le pourrissent, membres de la famille et proches.
Je crois que tous les fans de vedettes « mondiales » se doivent de regarder ce parcours pour que la conscience s’ouvre à la douleur intime qu’essaye de cacher celles et ceux qui se donnent corps et âme à leur public. A en perdre tout contrôle d’eux-mêmes.
Il me paraît que ce film mérite une particulière attention aussi par deux aspects que, personnellement, j’ai ressenti comme peu aboutis, sans doute par manque de maîtrise du montage : la gloire, le succès, le talent de l’artiste ne me semblent pas assez mis en lumière. Nous n’entrons pas assez, me semble-t-il, en empathie avec cette superbe et prodigieuse personnalité.
Et le contexte « historique » s’il est très, trop, fugitivement, évoqué par quelques images news aurait dû, à mon estime, être plus développé afin que ce destin pathétique soit replacé dans son époque.
Un film à voir, plus comme une parabole que comme une recherche rigoureuse d’une vérité biographique, irréductible sans doute à ce format cinématographique.
Nous reste le plaisir d’entendre chanter I Will Always Love You. Tout un programme, mais qui a sombré tel un Titanic dans un océan perverti. Le naufrage d’une star sublime.