C’est un film que l’on s’apprête à aller voir avec un peu d’appréhension, tant le matraquage publicitaire, la promotion, la « couverture » journalistique s’en est emparé, spoilant à longueur de commentaires.
Et en effet, l’histoire, les « bonnes séquences », les répliques cultes, sont déjà connues de tous. Et malgré cela, le plaisir est grand de suivre cette aventure, d’admirer le traitement scéna-ristique plein de subtilités qui permettent au récit de rebondir bien que l’on en connaisse, comme l’histoire de Jésus, toutes les étapes. Il y a un nécessaire rappel du fait raciste et un portrait de ce qu’il est convenu de nommer l’Amérique profonde et qui est justement si superficielle et acculturée. Tout cela est bon, bien fait et bien utile.
C’est même parfois drôle alors que, franchement, vouloir faire
« baisser culotte » à une personne que l’on accuse d’être juive, voir des flics tabasser comme des brutes l’un de leurs collègues en civil, et autres moments qui rendent la ségrégation ambiante tangible, ce n’est pas très joyeux. Un rappel indispensable ; qui peut-être fera bouger certaines consciences.
Mais c’est la fin du film qui, soudain, éclate et arrache les larmes. Allez voir ce film qui mérite d’être soutenu pour l’ambitieuse mission qu’il s’est donné : montrer que le vivre ensemble n’est possible que là où règne la bienveillance et la courtoisie.