Ce n’est pas révolutionnaire. Nous voilà embarqué dans l’histoire de la révolution, de la prise de la Bastille au régicide. Tout cela est montré avec beaucoup d’élégance, le souci appliqué de bien faire, un grand luxe de costumes, des reconstitutions d’époque assez soignées, l’Assemblée Nationale, Versailles, les quartiers populaires, la destruction partielle d’une tour de la Bastille au début du film qui donne lieu à une séquence très appuyée d’un symbolisme sur la lumière qui fait très Rencontre du 3e type un peu Raëlien. Cette veine spiritualiste s’exprime encore à travers le feu du souffleur de verre et la réussite, par son apprenti d’un « chef d’œuvre », un orbe parfaitement sphérique et transparent.
Tout cela dans un style très téléfilm des années nonante, avec mouvements de foule, quelques cris de la populace, des provocations caricaturales de la noblesse, Louis XVI qui signe en versant une larme, et, pour aider le spectateur qui n’a pas son histoire de la révolution française présente à l’esprit, quelques titres, quelques dates en lettres blanches sur fonds noirs qui scandent le film avec
le vain espoir de donner des repères historiques que seuls les Jules Michelet des salles obscures déchiffreront clairement.
Il y a de nombreuses scènes de foule, des tentatives louables de jouer « collectif » et quelques fragments de discours un peu théâtraux qui servent de piqûre de rappel sur les enjeux irréconciliables de cette époque. D’excellents acteurs se donnent un mal fou pour incarner les rôles, tant célèbres qu’anonymes et populaires. Si l’on excepte Marat par Denis Lavant, loin encore des rôles du Danton de Wajda, il faut regretter que, tout au long de ces 2 heures, les acteurs n’habitent pas leurs rôles. Avec un sommet pour Olivier Gourmet, insipide plus qu’à son ordinaire, parlant faux, avec une expression faciale de potiron d’Halloween, et comme il ne porte pas de lunettes, l’on voit ses yeux vitreux, ce qui convient peut-être à un souffleur de verre à bout de souffle.
La bande sonore est d’une grande richesse, faites de sons qui se veulent réalistes, des chants révolutionnaires entonnés par les