Un film d’exception, de quelque point de vue qu’on le considère. Le scénario est une sorte de mélange de film social, souriant, de farce burlesque, de provocations en tous genre.
La mise en scène est faite pour amuser le spectateur qui est mis, littéralement, face à ces personnages tous issus d’une fresque à la Daumier, avec une double mention pour Jean Dujardin et Yolande Moreau. S’il n’y avait pas ce genre de films, inclassables, jamais nous n’aurions vu ces deux acteurs aussi drôles et touchants.
Les décors incroyables, oscillant entre la maison de poupée et la déchetterie, entre une espèce de science fiction en ruine et des flashback irrésistibles de drôlerie, le tout dans une ambiance lumineuse, photographique, une « colorimétrie » pour parler chic, qui semble issue de l’univers du plastic des années 50.
Dans Saint Amour (227), des mêmes réalisateurs, utilisait déjà certaines formes de récit issues des Guignols de Canal +, un humour inclassable et qui fait mouche.
Il y a, en prime, une sorte de galimatias politico-social qui est très touchant, interpellant, à ne pas prendre à la légère, même s’il est tenu de façon extravagante. L’Abbé Pierre plane sur tout cela de façon malicieuse et interpellante.
Bref, le genre de film inclassable qui se fait sentir bien.