Les Tueurs fous du Brabant Wallon n’ont pas fini d’inspirer le ciné-ma. Car leurs méfaits étaient tragiquement spectaculaires. Outre que le drame décrit par le film se passe à Alost, le point de vue du réalisateur donne tout son intérêt à ce film : traiter du particulier mais touchant au général. Une famille est presque anéantie sous les yeux des (grands)parents. Le grand père va faire de la guérison de son petit fils et de l’élucidation de ce drame, sa raison de vivre. Le fils survivant (réel) de la famille a écrit le livre qui a inspiré le scénario du film. Tout cela est traité avec maîtrise par un réalisateur « classique » qui connaît son métier, qui sait où placer ses caméras, qui dirige les acteurs de façon efficace. Stijn Coninx est un peu notre André Cayatte national. Les événements évoqués portent, par eux-mêmes, leur dose d’émotion, d’horreur,
et le spectateur est happé dans la première partie du film par les faits et la mémoire que l’on en a, qui se réveille avec ses émotions, ses incompréhensions et ses hypothèses. Le développement ensuite est parfois plus laborieux, les réactions plus prévisibles, les événements connus moins porteurs de tensions et de suspens. Il faut saluer la réussite d’un récit sur une longue durée (25 ans) nécessitant que le jeune garçon soit interprété par 3 acteurs successivement. Cela est fait avec efficacité, une fois encore et le film appelle à la rescousse d’autres événements qui ont terriblement marqué la fin du siècle dernier en Belgique. Une contribution honorable à cette mémoire, à ces interrogations restées aujourd’hui sans réponse, un rappel de ce qui a changé, de ce qui n’a pas été élucidé. Un film qui s’inscrit dans notre belgitude.