Ce film est une parfaite pièce de théâtre, comme souvent, déjà filmée. 3 couples s’apprêtent à dîner chez l’un d’eux. Les hommes sont des amis de toujours ; un 4e les rejoint. Et l’on ne sait trop comment un jeu dangereux se met en place qui va transformer la soirée en tragi-comédie. A voir, à écouter surtout, car tout passe par la bouche : la nourriture, les boissons, mais surtout les répliques très bien écrites. Et Bérénice Bejo est d’un charme exceptionnel, qui n’a d’égal que son talent. Le genre de film qui rassure, car dans la vie de chacun de nous, ce n’est certainement pas comme dans la vie d’eux tous. Mais l’on a beaucoup ri. Sauf du tax shelter tellement honteusement attribué qu’il faut attendre l’extrême fin du générique pour voir se confirmer ce qui avait été fugitivement indiqué au début : c’est encore le contribuable belge qui raque pour un film qui est à la Belgique ce que le pigeon est au téléphone. Ah ! Stéphane De Groodt est de la partie ; il a fallu sans doute lui payer son cachet, le pauvre. Pour agrémenter le temps à suivre cette soirée, il faut admirer la « continuité » du repas : plats, nourriture, verres, tout ce qui est « accessoires de jeu » (c’est le cas de l’écrire...) est parfaitement maîtrisé comme le sont les innombrables angles de prise de vue dans cet appartement dans lequel toute l’action se déroule. Le film a déjà été tourné en espagnol et en italien. Car impossible, je l’imagine, de doubler ces rafales de répliques. Et cela confère à ce remake un petit parfum très parisien, bobos assez bien « croqués » car ce n’est pas une grande fresque, un tableau majeur. Une déclinaison du jeu de l’oie, matinée de chaise musicale.
Chargement des billets...