Claustrophobes, s’abstenir. Ce film catastrophe n’en est pas une, que du contraire. Il est, comme c’est inévitable, confronté au problème des histoires réelles dont le public connaît la fin pour l’avoir apprise en 2000 dans les journaux, à la radio et par la télévision lorsque se déroulaient, durant 9 jours, les faits dont le scénariste s’est emparé, au départ d’un livre. Il faut tout de suite noter que la vie des sous-mariniers qui ont survécu et sans doute espéré avant de succomber, n’est que fiction puisqu’ils étaient totalement coupés du monde. Et l’on voit là que le travail du scénario est central dans ce type de récit « déjà connu ». Ici, il faut reconnaître un certain talent qui a permis de structurer plusieurs lignes de force dans le récit : le groupe de marins, la famille de l’un d’eux, le commandement, les marins de l’OTAN, bref, tous ces angles de vue dont le développement et l’alternance soutiennent très bien le récit. Même si il est un peu long à démarrer, accaparé par la nécessité de faire connaissance avec les protagonistes. Mais dès que le drame survient, le spectateur est véritablement au centre de cet espace confiné et il ressent le danger, le froid, le manque d’air, d’une façon admirablement montrée. Le film est à voir sur grand écran car l’ambiance lumineuse d’un sous-marin échoué et éventré n’est pas de celle qui passera bien à la télé ou sur téléphone portable. D’autant qu’une subtile utilisation de deux formats contribue à contraster ce qui se passe à l’air libre et ce qui se vit dans ce cercueil de fer. Quel tournage cela a dû être, sans cesse confronté à l’eau qui envahit tout, trempe les costumes, dégouline de partout. Le décor intérieur du submersible semble très réaliste et les mille détails qui nous sont montrés sont presque documentaires, sans que cela ne rende le film didactique. Bien au contraire. Les images « extérieures » sont particulièrement significatives, dans un pays incroyablement délabré qui fait écho à l’état mal entretenu du Kursk dont on apprend, petit à petit, les problèmes structurels jamais pris en compte. Le casting très « européen » passe très bien, est de très bonne qualité, avec des « gueules » formidables et si la langue parlée par les Russes est l’anglais, on s’en accommode. C’est si souvent le cas... Et vous apprécierez une coproduction belge qui amène, non seulement le rôle principal (remarquable) mais aussi une contribution essentielle aux tournages en studio, aux costumes qui annoncent un nouveau Magritte pour Catherine Marchand et des effets spéciaux de très haut niveau. C’est presque une affaire de famille : mon frère, ses deux fils et son épouse sont crédités au générique... Aussi vous partagerez mon avis que le tax shelter trouve ici une excellente légitimité.
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