C’est un réalisateur qui ne sait pas mener une histoire. On le sait depuis La Grande Bellezza. Et ce film-ci a connu deux « montages » ; en Italie, deux épisodes, pour l’étranger, un film (long) unique. Ce qui sans doute laisse certains personnages peu construits. Ce qui attire ici, c’est que l’histoire est inspirée de Berlusconi.
Cela nous vaut des moments fantasques. Et quelques scènes d’anthologie où le réalisateur se positionne en fils illégitime de Fellini. Patientez au moins jusqu’à la scène de dialogue entre Berlusconi et son épouse ! Une très belle réussite, comme la séquence de fin. A part cela, beaucoup de jolies femmes suscitent un plaisir façon Crazy Horse un peu répétitif. Des moments de bunga bunga qui
frisent le porno chic sans apporter grand chose de significatif. Le baroque du récit, des décors, des enchaînements de scènes renouvellent l’intérêt pour ce récit qui hésite entre la charge politique et la peinture de mœurs. Les personnages sont peu structurés, caricaturaux souvent.
Mais certains diront qu’il s’agit d’une fresque sur l’Italie contemporaine ; certes. Mais peinte à trop gros traits, un peu vulgaire. Comme le personnage, objet de ce biopic, qui manque d’une idée forte qui aurait évité ce côté Ici Paris ou Gaël et autres torchons de caniveaux dans lequel le film patauge un peu.