Un amour (est) impossible. Telle pourrait être l’affirmation après la vision de ce film. Un film parfaitement réussi dans sa catégorie, celle du psychologique familial, avec un zeste de social. Il faut dire d’abord que les acteurs sont tous remarquables, Niels Schneider assume un rôle très ingrat avec élégance, les enfants, les jeunes sont parfaits et Virginie Efira me semble à l’apogée de ses talents. Elle est pratiquement de tous les plans, le long d’une histoire qui dure près de 30 ans. Cette comédienne est au coude-à-coude avec Romy Schneider, Jeanne Moreau, Jane Fonda, e.a.
Il s’agit dans ce film de suivre un destin familial, celui d’une mère. Et tout contribue à cette intimité, à cette chape du destin : les décors et les cadres sont étriqués, les plans sur les actrices et les acteurs sont, le plus souvent, cadrés très proches, la musique, très réussie, est modestement jouée au piano, sorte de musique de chambre. La façon dont les époques sont « signifiées » est simple
et efficace : voitures, accessoires, costumes. Et les ellipses cadencent, rythment le film comme des rebonds qui permettent de suivre sur la longueur, les émotions parfois déchirantes dont, sans doute, l’on ne peut jamais se remettre. Nous entrevoyons plusieurs
« formes » que l’amour peut prendre, et il semble qu’à chaque fois une sorte de maladie auto-immune de l’amour se développe, qui va bouleverser les destins. Et les spectateurs. La voix off qui accompagne le récit avec discrétion est habillement utilisée, dès les premières images et elle prendra chair pour la dernière partie de l’histoire.
Le film a été tourné à Châteauroux, à Paris, à Reims, en région PACA et est financé pour partie par le tax shelter. Mise à part la rémunération de Virginie Efira qui est plus ou moins belge, et qui n’a plus guère besoin d’être subsidiée, à quoi correspond cette participation belge ?