Étonnant film « belge » tourné à Bruxelles et qui nous permet d’entrer dans l’intimité de la communauté pakistanaise inconfortable, car de deux générations, qui vit ici. Pères et Mères traditionnels, très autoritaires. Et filles et fils « contaminés » par la modernité issue de leurs vies scolaires.
Tout cela est très fluide, rapide, vif, parfois un soupçon confus et il faut bien suivre les trois « familles » dont les destins s’entremêlent. Ce n’est pas le premier sujet qui traite de cette juxtaposition communautaire radicale (*Noce de Stéphane Streker 361 et La Mauvaise réputation (What will people say) de Iram Haq 517). Les jeunes actrices sont excellentes de vérité, leur « langue » est d’une grande modernité et je regrette que le mixage étouffe les voix et en rende
la compréhension parfois difficile. Le mélange des langues est vertigineux, le signe tangible de l’intégration en cours.
Ce microcosme vit de façon « banale » et l’essentiel est filmé en intérieur, dans des décors étriqués, modestes, qui ne permettent guère de cadre plus larges que « épaule » ce qui, grâce aussi à la mobilité parfaite de la caméra, crée un sentiment quasi carcéral de la vie de ces familles.
Une petite note « fleur bleue » à la fin donne de façon appuyée un souffle d’optimisme. Et l’on se dit que pour vivre heureux, il ne faut plus accepter de vivre caché. Ce film en est une très fertile illustration.