Survivre. C’est bien cela qui occupe ces quelques personnes qui semblent former une famille, très à l’étroit dans un espace de misère, où l’activité incessante est de manger, car il faut survivre. Et en partie grâce au « vol à l’étalage », qui est la traduction exacte du titre anglais.
C’est un film qui ne raconte pas d’histoire à proprement parler, mais qui montre la vie de personnages hauts en couleurs, qui mènent leurs chemins ingrats, accompagnés d’un magnifique jeune garçon et d’une irrésistible très jeune fille. Deux jeunes femmes encore, et une grand-mère, et l’homme un peu « simple » dirait-on, complètent cet univers que l’on voit évoluer par mille
petits moments, soulignés par des regards, des surprises, des mi-cro-aventures qui s’égrainent durant deux heures quinze que l’on ne sent pas passer. La fin ne semble pas possible : pourquoi s’arrêter, et quand ? Hé bien, la surprise est que cela va finir en effet.
Ce réalisateur n’en est pas à son coup d’essai : After the Storm (427), et semble se spécialiser dans cette forme de description, quasi documentaire, de vies sinon, ordinaires, du moins sans événement, sans glamour et sans extravagance. Une population japonaise bien éloignée des mythes, des richesses et des imageries d’Épinal ; je veux dire, des estampes. Ce qui justifie que l’on voit ce film, véritable voyage ethnoculturel contemporain.