Un film de science-fiction post apocalyptique, post-nuke pour celles et ceux qui fréquentent ce type de constructions narratives qui reposent sur deux choses : d’une part l’arbitraire absolu, non rationnel, d’un récit très charpenté et, d’autre part, l’utilisation de références, de clichés, de « notre » monde. Il faut aimer.
Ici le spectacle est somptueux, d’une maîtrise graphique et visuelle splendide. La bande sonore assourdissante de musiques
« plein pot » contribue à vous immerger dans cet univers complé-tement déconnecté de la réalité. Personnellement j’ai un peu de mal, mais il faut reconnaître la brillante maîtrise de ce film. L’idée de départ est que les villes sont devenues mobiles pour survivre dans un monde totalement déserté. Il y a donc concurrence entre elles, ce qui nous vaut quelques scènes de poursuites peu ordinaires.
Ensuite, toute une intrigue à la fois très sophistiquée, caricaturale et embrouillée, mais aussi d’une naïveté enfantine qui permet l’émergence de toute sorte de personnages qui sont à chaque fois de nouveaux défis. Bien entendu l’héroïne va comprendre son destin grâce à quelques explications en flashback dans lesquelles elle est parfaitement reconnaissable, malgré son jeune âge, grâce aux chéloïdes qui font d’elle une sorte de Scarface féminine du XXIe siècle, islandaise d’origine. La bande sonore est agrémentée par de nombreux accents « socialement signifiants » et quelques gags amusants (par exemple, le son de la cloche heurtée par le casque d’un soldat qui tombe, touché à mort).
Allez découvrir ce catalogue de poncifs sur le péril jaune, les attaques façon terroriste, les luttes corps-à-corps, les retournements de situations, les êtres abominables revenants de l’horreur, les déchaînements des forces du mal et la victoire du bien et de l’amour. Tout cela dans un monde esthétique remarquable où Pa-namarenko se sentirait heureux et célébré. Pour soutenir votre attention, admirez la façon parfaitement maîtrisée, exemplaire, de l’intégration du jeu des acteurs dans un décor très mobile, pour partie en studio et pour une large partie, complètement créé avec les techniques 3D les plus sophistiquées.
C’est du tout grand art, aux antipodes de Walt Disney ou du rococo, mais qui lui est un peu redevable. Le réalisateur fut l’un des collaborateurs, consultant en effets spéciaux, pour e.a. Le Seigneur des anneaux, les Hobbits, Peter et Elliott le Dragon. La Nouvelle Zélande produit une cinématographie tout à fait exceptionnelle. A vous d’apprécier. C’est pas mortel.