Un dépaysement complet, dans un pays rarement filmé et qui a servi déjà de décor pour Rams (207).
On y retrouve cette ruralité impérieuse mais cette fois, avec des citadins, dont l’une est « en guerre » contre les développements techniques qu’elle s’emploie, seule, à saboter. Ce qui nous vaut des images rares et exotiques.
L’adoration, quasi physique, de la « terre natale » est mise, métaphoriquement, en parallèle avec la maternité qui prend, dans le récit, une forme singulière.
Il faut souligner aussi une étrangeté de la bande sonore qui fait voir les 3 instrumentistes qui jouent, à l’image, lors des séquences dans lesquelles ils ne tiennent pourtant aucun rôle. Pour employer le vocabulaire pédant, la musique extradiégétique devient, grâce à ce subterfuge, diégétique sans pour autant participer de l’action. Il
va falloir utiliser un nouveau mot « chic » pour qualifier ce que l’on avait déjà aperçu chez Kusturica avec Goran Bregovic. « Paradié-gétique » peut-être...
Une autre remarquable singularité du film est la présence de sœurs jumelles. C’est tellement bien mis en image que l’on ne se rend pas compte que les deux sœurs sont jouées par la même - excellente - actrice.
Un film sur la nature, sur l’écologie, comme une exigence qui impose la transgression, un joli conte avec des personnages d’au-jourd’hui, et une ambiance de comédie souvent dépaysante et ra-fraichissante. Vous serez sensibles au fait que l’intrigue progresse avec très peu de dialogues et cependant, l’on en comprend tous les aspects, l’on en apprécie toutes les singularités.
Une Islande à découvrir.