En pire. Tout est réuni pour faire une super production historico-romanesque. L’époque, les personnages qui s’y côtoient, leurs violentes concurrences. Et ce ne sont pas des enfants de cœur.
Nous pensions être emportés par une fresque grandiose, nous sommes face au cinéma d’avant la nouvelle vague ; en couleur. Vincent Cassel campe un personnage assez monolithique, le sourire carnassier, la tête légèrement de travers, la moue méprisante, et sûr de lui, mais qui n’évolue pas durant le récit de son destin.
Ce qui a manifestement amusé le metteur en scène, ce sont les combats. Coups de poings, de pistolets, d’épées, de sabres, de cannes, de poignards, rien ne manque à ces innombrables moments où l’on se casse la gueule entre ennemis. C’est réglé comme des combats de catch pour forains de province.
Laborieux et démonstratifs, sans surprise. Une chorégraphie lourdingue réglée par quelqu’un qui n’a vu ni les films japonais, ni Tarantino. Et ce qui alourdit encore le spectacle, ce sont les décors faits le planches de sapins, de rampes et d’escaliers que n’oserait pas vendre IKEA.
La patine de ces décors est d’une désespérante banalité, accentuant le côté « studio », comme il s’en tournait à la grande époque du cinéma français d’après guerre. Heureusement quelques décors réels sont somptueux et les découvertes « d’époque » sur la ville de Paris, impressionnent : l’Arc de Triomphe en construction...
La figuration est formidable, des trognes magnifiques, les rôles sont bien assumés, avec un Denis Lavant égal à lui même, sorte de gargouille vivante et Fabrice Luchini parfait en Fouché. Il est le Claude Rich de cette génération.
Mais le scénario est d’une grande faiblesse, ce qui rend le film lent et répétitif, hélas. L’idée de nous dépeindre Vidocq en parfait rétif à tout engagement, à toute compromission, est séduisante. Mais mal aboutie. Restent les scènes avec dames, charmantes, aux dialogues bien écrits, mais un peu conventionnelles.
Ce qui achève d’agacer, c’est qu’une fois encore, le tax shelter est co-financier, via Scope. Il ne nous étonnera pas que tout cela finisse comme L’Empereur, à Waterloo.