Pas vraiment de fausses notes. Le film se regarde, s’entend, comme une symphonie concertante. La musique est partout et les quelques solistes défendent bien leur histoire. Les 20 premières minutes permettent de découvrir les deux personnages centraux : le gamin des banlieues qui a un don naturel prodigieux pour le piano, et le responsable de la section « piano » du conservatoire de musique de Paris. Nous allons suivre leurs parcours jusqu’à la fin, très prévisible, mais en découvrant, en cours de route, quelques tours de passe-passe du scénariste, qui parfois, sont un peu téléphonés, appuyés, « construits », pour donner au film son rythme, ses rebondissements et ses surprises. Les séquences sont tantôt, largo, tantôt staccato, etc. comme si le metteur en scène et le monteur, avaient eu envie de conduire le film comme un concert aux émotions de plus en plus appuyées.
Mais cela se regarde avec plaisir et quelques pincements de cœur. Les décors sont majestueux : salles de concert, de travail au conservatoire, mais aussi l’appartement de Lambert Wilson et son épouse, sorte de caricature de ce que le cinéma français se laisse aller à montrer, qui ne correspond à rien de crédible, et déforce, par conséquent, la vraisemblance de ce couple et de son histoire. Deux rôles féminins sont à souligner, celui de l’amie violoncelliste, Karidja Touré, une merveille de femme, et celui de la mère du jeune prodige que la vie et la nature n’a guère gâtée, et qui est d’une vérité très émouvante, jouée par Vanessa David. Kristin Scott Thomas a été, elle, déjà bien mieux employée, mais elle amuse ici dans deux ou trois scènes.
Vous serez, comme moi, effarés de lire qu’une fois de plus l’argent du tax shelter finance ce film via Nexus et Umedia sans que rien de « visiblement belge » ne puisse justifier ce genre de ponction financière à laquelle BNP Paribas et Proximus apportent joyeusement leur concours. Mais que cela ne vous gâte pas un bon moment qui est au cinéma ce qu’une brasserie est à la gastronomie.