Nous voilà dans le Montana, au début des années 60. Nous y faisons connaissance avec un couple, sympathique, charmant, très middle class, bien comme il faut, avec un fils adolescent tellement modèle que vous l’adopteriez tout de suite.
Et toute l’astuce du scénario consiste à prendre le point de vue de cet adolescent pour suivre, durant une période assez longue, l’évolution complexe du couple de ses parents.
Tout cela se passe dans un environnement que la photographie, le style si joliment reconstitué, mais la désolation territoriale aussi, rendent très intéressants.
Il n’y a pas d’événements spectaculaires, pas de retournements imprévisibles, tout se déroule de façon « ordinaire » et très subtilement montrée.
Jake Gyllenhaal est remarquable d’intériorité. Il avait déjà été brillant dans Jarhead et Brokeback Montain. Trois films encore avec cet acteur remarquable d’intériorité : Incendies, Everest (161) et Demolition (247). Son épouse, dans le film, Carey Mulligan, a commencé aussi sa carrière très jeune et elle avait marqué e.a. dans Les Suffragettes (179). Ici elle est particulièrement convaincante dans ce rôle tout en nuances, mais aux variations très contrastées. Un cinéma très travaillé dans l’écriture du scénario, qui attache par la subtilité de ce qui est conté, montré et ressenti tout au long du récit.
Une chose que je ne comprends pas, c’est l’affiche qui ne donne aucune envie de quoi que ce soit.