Le tout beau spectacle des familles, fastueux, à la française. L’idée du scénario est amusante qui met un jeune auteur, sans notoriété, au défi de remplir une salle de théâtre avec un spectacle encore à écrire. Le cheminement est un peu démonstratif, il y a certaines scènes tirées en longueur. Alors il faut se distraire en appréciant décors, costumes et accessoires.
Le gros handicap de ce film est la distribution et le jeu des acteurs, certes dirigés dans une direction précise, mais horripilante. De la part de Olivier Gourmet, cela n’étonne pas. Mais tous les autres s’y mettent. Nous sommes à la limite parfois de la pantomime. Mais je dois à la vérité de dire que Gourmet, en Cyrano, s’impose de façon magistrale. Edmond hélas, me semble être le « bélître » qu’il stigmatise dans sa pièce.
Le film fait aussi songer au processus de la création ; qu’est-ce qui nourrit un auteur...
Le réalisateur du film n’est pas un débutant, même si c’est son premier long métrage. Il est pétri dans le théâtre, qu’il joue, adapte, s’attaquant aux plus grands classiques. Edmond a été d’abord une pièce de théâtre de et mise en scène par Michalik. Le « passage à l’écran » est certainement une réussite en termes de fastes, de sens de l’image, du mouvement. Il y a une immense bonne volonté de bien faire, des dialogues amusants, des images, des moments touchants. Mais cela sent trop la fausse moustache, le décors reconstitué, même à Prague où le film a été tourné.
Avec de l’argent belge, celui du tax shelter naturellement. A part l’équipe de post production de Umedia, et bien entendu le cachet de Gourmet, qu’est-ce que la Belgique allait donc faire dans cette galère ? Sans doute donner un sens nouveau à cette réplique « A la fin de l’envoi, je touche ».