Ce film est au cinématographe ce que la Blanquette de Limoux tiédasse est au Champagne bien frappé. Certes, il y a quelques bulles, mais avachies et très prévisibles, tout est fait pour créer l’ambiance, mais cela n’est jamais la fête.
Pourtant nous étions prévenus depuis Débarquement immédiat, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu (054-085), A bras ouverts (385). C’est un style de cinéma qui plait à certain, comme André Rieu séduit, avec ses concerts, ceux qui ne connaissent pas la musique. Ce qui amuse ici est de voir comment les scénaristes n’ont jamais franchi la ligne rouge entre l’humour et la stigmatisation. C’était bien maîtrisé dans la précédente version, celle sans « encore ». Ici, il y a tout de même quelques clichés qui refont surface : le comportement du père africain, les réactions vis-à-vis du mariage homosexuel, l’attitude de l’Israélien au moment du payement, les 4 filles du couple qui sont tout de même très greluches et cette caricaturale façon d’encenser la France, mieux encore, la Tou-raine, comme le parangon du bien vivre. Voyez le festin au retour de voyage, par exemple. Amusant, mais tellement franchouillard. Comme certaines répliques, écrites pour faire rire, espérant devenir culte. Amusez-vous aussi en observant comme la « mise en place » des acteurs est faites généralement pour que chacun soit
bien visible, jamais caché par d’autres, comme sur les photos de groupe, et de préférence de face, pour que les expressions, le plus généralement forcées, soient bien lisibles par le spectateur qui baille en attendant le gag suivant.
Heureusement l’image de Stéphane Le Parc est très élégante, adaptée à cet univers français des bords de Loire, tout est lisible dans les décors qui sont d’un académisme irréprochable.
Le film donne l’impression de ces sauts au trampoline qui rebondissent de moins en moins et deviennent un peu sots. Et si vous regardez le générique de fin, à la loupe, vous découvrirez ce qui ne semble dit nulle part ailleurs, par honte sans doute : le tax shel-ter finance en partie ce film, au bénéfice du Studio l’Équipe et de quelques prestations de post-production. Quoi de plus choquant que de constater qu’une « suite » d’un gros succès commercial
« pompe » encore les moyens de production en Belgique, en y faisant de l’*out-sourcing pour travailleurs étrangers, moins couteux.
Heureusement, il n’y a pas de Bon Dieu ; il se vengerait. Et comme ces pratiques se perpétuent (combien de temps encore ?) c’est bien la preuve de l’inexistence de Dieu.