C’est le prénom d’une étrange mais sympathique jeune fille, héroïne de ce film de genre. Une uchronie si l’on postule que la destruction de notre monde, l’événement fondateur du récit qui se déroule au XXVIe siècle, est une hypothèse plausible qui serait la victoire des gilets jaunes par exemple. C’est en tout cas une « hard science-fiction », une dystopie cyberpunck si vous préférez.
Tout ce vocabulaire ampoulé pour dire que l’histoire est aussi farfelue qu’arbitraire, dans un monde imaginaire, violent, où la compétition se paye de la mort. Mais une mort en pièces détachées, ce qui fait l’amusement du récit, de certaines scènes. Une espèce de Victor Frankenstein exerce ses talents avec l’aide d’une assistante noire (ça, c’est pour des raisons de quota) mais qui dispose aussi d’un bras artificiel, véritable boite à outils pour salle d’op. Très ingénieux. Et ce médecin fou est incarné de façon magistrale par Christoph Waltz, amusant, subtil comme à chaque fois.
Il est en quelque sorte le pourvoyeur des cyborg de l’histoire, ces êtres bricolés comme des Légo, conçus par Maserati et Pininfa-rina associés, avec des morceaux épars, des mécanismes de robots, des allures d’infectes insectes. Vous aurez droit à une initiation au Rollerderby, sorte de course à patin à roulettes, où tout est permis. Ici, évidement à un rythme de tsunami.
Que dire d’autre qui soit intéressant sur ce film qui l’est si peu, sauf aux yeux des fanas de ce genre, hors de prix de surcroit. Les décors, comme les accessoires (en cela compris les corps reconstitués comme des mécanos) sont spectaculaires, les idées sont plus qu’enfantines, le rythme est bien soutenu qui dispense au spectateur les séquences de stress, de bagarres, de romantisme de pacotille, de façon subtilement dosée. Il faut dire que le réalisateur, s’il n’est guère connu en francophonie, a déjà écumé les genres cinématographiques préparatoires à ce type-ci de film qui est une adaptation, au cinéma, d’un manga. Et James Cameron qui produit, est un maître du genre (*Terminator, Titanic, et Avatar connu pour son coût de production, mais surtout ses fabuleuses recettes qui en font l’un des films les plus profitables de l’histoire). Bref, que du beau linge pour vous raconter une histoire un peu débile. Mais les yeux de l’héroïne sont subtilement surdimensionnés, ce qui fait de son visage celui d’une des femmes peintes par Paul Delvaux.
Il faut bien se raccrocher à quelque chose de surréaliste pour supporter ce type de film irréaliste, entièrement truqué, ce qui nous vaut un festival d’images inimaginables. Dont on peut se passer.