Aucun danger : Il est vieux et n’utilise pas son révolver. Mais quel festival d’humour, de malice, de tendresse et quelle belle image, celle de l’Amérique des année 80, avec ces couleurs désaturées, ces tons verts et bruns, ces espaces de petites villes issues d’une époque oubliée.
Le récit de ce gangster qui utilise une recette qui marche, pour faire recette, n’est pas vraiment un suspens, bien que l’on s’amuse aussi à imaginer comment va se finir ce périple de gangsters en préretraite qui n’arrivent pas à s’arrêter.
Peut-être parce qu’ils aiment entendre les musiques merveilleuses qui accompagnent leurs périples et leurs rencontres.
Le portrait du policier en charge de son arrestation, ses collègues locaux et fédéraux, sont dépeints avec une amusante singularité qui tranche avec les clichés véhiculés par un certain cinéma américain stéréotypé.
Ici, le spectateur s’amuse, un peu comme avec un Guignol, certes malhonnête, mais tellement charmant et bien élevé. L’anti Taren-tino. Le personnage qui a inspiré le livre à l’origine du scénario est Forrest Silva Tucker qui a un nombre phénoménale de vols et d’évasions à son actif. Le réalisateur lui, s’il n’est pas un débutant, a manifestement bénéficié de l’intérêt de Redford qui produit le film d’un « jeune » qui se débrouille plutôt bien. Sans toutefois que le film échappe à l’ambiance cinématographique « troisième âge » avec son expérience et ses lenteurs, son charme et ses scènes un peu convenues. Tout cela est délicieux et ne risque pas de faire de mal.