La tragédie intime vécue par une jeune mère et sa fille de deux ans, merveilleusement filmée. Dans cette Roumanie enneigée et sans avenir, cette jeune femme rêve d’un mariage en Europe de l’Ouest pour fuir sa situation. La première partie du film décrit ces conditions de vie avec un sens de la proximité du quotidien que nous rapproche du style documentaire, très réussi, dans lequel la réalisatrice a montré déjà tout son talent. Puis viennent le voyage et les premiers mois d’intégration. En Belgique, avec un homme absolument merveilleusement choisi, l’acteur Tom Vermeir, flamand francophone magnifiquement dépeint dans une succession de petites scènes qui sont des croquis, tous savoureux. Peut-être aurait-il fallu resserrer un peu le montage de certaines séquences, le film dure inutilement 2 heures. Les scènes fantasmées, rêvées par cette jeune femme qui va mal s’intégrer à sa vie à l’occidentale donnent une touche singulière au récit qui, par ailleurs, est chronologique et descriptif. Les événements qui émaillent cette vie, dépourvue d’intérêt, révèlent petit à petit à cette maman exilée que, peut-être, c’est plus son rôle de mère que de femme, commandée par internet, qui donnera du sens à sa vie. Le titre du film est un peu trompeur, car il n’y a pas de mariage. Mais c’est le titre d’une chanson que la grand-mère interprète avec un petit orchestre qui anime les fêtes en Roumanie, sorte de « miroir » du night-club où ira se noyer la roumaine pour se désennuyer. Du cinéma très réaliste et d’une grande sensibilité, avec des moments fragiles captés comme par hasard. Un premier film qui en annonce d’autres, certainement.
Chargement des billets...