Une rare réussite d’humour et de suspens dans le cinéma français de comédie. Malgré l’affiche que je trouve totalement ratée car elle ne dit rien du film et ne donne pas envie. A tort. Inutile de connaître le sujet pour se laisser embarquer dans cette enquête sur un mystère littéraire que Luchini a reniflé, façon Bernard Pivot. Et c’est parti, sur un rythme bien soutenu, avec des scènes que les recherches nécessitent et qui sont généralement très amusantes, bien écrites, bien pensées, bien dialoguées. Le casting nous montre des comédiens nombreux, peu ou totalement inconnus et excellents. Luchini est comme Poelvoorde, parfois exécrable de cabotinage, parfois d’une superbe sincérité ; c’est le cas ici. Observez comme il maintient l’attention sur lui, par un moment de silence plus ou moins bref, avant de conclure, de terminer sa phrase, de se mettre en mouvement. Un salut particulier pour la prestation de Hanna Schygulla pour ceux qui ont admiré cette
actrice un moment célèbre. Le metteur en scène lui, n’en est pas à ses débuts, et son travail reconnu sur les scénarios l’a sans doute préparé à cette magnifique réussite. Un film très distrayant, de bon niveau, original et qui laisse ensuite l’impression d’avoir été témoin privilégié d’une passionnante enquête qui aurait pu porter sur Emile Ajar.
En plus cela se passe entre Paris et le Finistère, joliment montrés. La honte est totale de voir que le financement est partiellement du tax shelter, honte tellement partagée par Scope cette fois, qu’il faut attendre la toute fin du générique pour lire en lettres minuscules que l’argent du film en coproduction a été obtenu par ce système, une fois de plus détourné de son objet : soutenir le ciné-ma, les créateurs et les artistes belges.