Une réussite exceptionnelle, un film passionnant, aux intérêts multiples et essentiels. Même si le mot SEX est resté dans le titre, pour d’évidentes ambitions publicitaires, c’est de « genre » qu’il faudrait parler. Et c’est le sujet central de ce magnifique biopic qui parle de la discrimination, dans les lois, entre hommes et femmes. Un biopic très bien maîtrisé pour les trois raisons qui me paraissent essentielles à ce... genre : Une très forte personnali-té dont on choisit une partie de la vie, une personnalité pas trop connue sauf à ne pouvoir être réincarnée, une personnalité qui a fréquenté des personnages historiques, qui a été mêlée à des moments d’Histoire.
Ici, c’est le brelan parfait. Auquel s’ajoute même une dimension
« vie de famille » particulièrement sensible et bien montrée, contrairement à ce qui avait plombé un peu l’intéressant First man
(553). La vie de la juriste qui est l’objet de ce film, Ruth Bader Gins-burg, m’était totalement inconnue, malgré sa célébrité et le film documentaire dont elle était déjà le sujet. Je ne vous en dirai pas plus, car la découverte de son travail, le parcours extraordinaire qui fût le sien, est en soit, une partie essentielle au plaisir procu-ré par ce film. Un moment de basculement juridique qui va avoir un retentissement planétaire qui fait encore sentir ses effets au-jourd’hui.
Allez-y un jour que tous vos neurones seront en bon état de marche : le sujet est exigeant, abstrait, très juridique et évolue, légitimement, au cours de joutes oratoires passionnées.
Cependant la cinématographie y joue un rôle central. Vous serez sensibles à l’utilisation des ambiances bleues, froides des débuts, qui, ensuite, vont se réchauffer. Tons marron, boiseries, lumières plus chaleureuses. C’est une subtile façon de marquer le passage du temps, puisque le film couvre une période de plus de 20 ans. L’autre chose qui vous amusera, c’est de voir le traitement subtil des plongées, contre plongées, car l’une des caractéristiques de l’héroïne est sa petite taille. Et la réalisatrice en a joué finement en plaçant sa caméra de façon parfois très congruente avec le sujet.
La longue carrière de la réalisatrice, sans qu’aucun de ses (télé) films ne me soit connu, suggère que son style est, comme dans ce film, « classique » sans grande démonstration d’originalité d’écriture, de mise en image, de montage sophistiqué. Sans doute cette façon de filmer convient-elle à un tel sujet qui n’a besoin d’aucun adjuvant tape à l’œil. C’est un film d’exception.