Ce titre est une antiphrase, et je l’ai découvert en voyant ce film auquel le spectateur ne peut que rester suspendu tant le sujet, traité de façon chorale, est fascinant.
Dès la première image, l’on comprend que le lieu sera un huis clos et que les personnes qui y vivent sont en cure de désintoxication. Ce qui passionne, sans la moindre longueur, sans la moindre perte d’attention ou de rythme, c’est de suivre la souffrance intime de chacun, que l’on découvre, par alternance avec des moments joyeux, très dynamiques, mais aussi très bouleversants. A voir donc sans en savoir plus car chaque détail, chaque moment, chaque phrase, chaque regard dans ce film est signifiant. Il est tourné comme pour donner l’impression d’un documentaire avec une sobriété, un tact et une attention sans faille. Le montage fait se succéder les jours de façon elliptique mais sans nous laisser rien ignorer du quotidien de ce groupe à la fois en souffrance et en convalescence.
A voir par toutes celles et tous ceux qui, par leur vécu personnel, familial, professionnel, sont confrontés à ces moments tragiques dans la vie de personnes souvent victimes des non-dits, des jeunesses chiffonnées, parfois abominablement. Les secrets de famille sont des supplices trop souvent insurmontables, en voici une nouvelle et brillante illustration. L’une des singularités des thèmes abordés dans le film est le rôle de la honte qui ronge certains. Pour mieux comprendre la façon dont le film a été pensé, puis réalisé, cet article : https://cineuropa.org/fr/interview/364736/et pour écouter la réalisatrice donner une véritable leçon de cinéma (à voir après vision du film !) https://vimeo.com/306194184. Ce film est une sorte d’exception dans la production française et l’une de ses qualités est de mettre en valeur des comédiens totalement inconnus mais aux talents éclatants. Au cinéma, il restera un de Nos Films Formidables.