Le cinéma chinois est...chinois. Mais ne manque pas de charme. A mes yeux, ce qui domine ici, est le voyage dans ce pays singulier et immense, durant une période assez longue, celle de l’histoire qui nous est proposée.
Nous découvrons un milieu de joueurs qui ne sont pas des enfants de cœur, un couple dont l’homme est caïd et la femme très sûre d’elle. C’est son parcours difficile qui est la colonne vertébrale du scénario. Mais nous sommes dépaysés. Personnellement j’aime être immergé dans un univers dont les codes ne sont pas aisés à lire, dont les rythmes et l’esthétique ne sont pas du déjà-vu. Un monde dans lequel l’on n’utilise pas la carte de crédit, le cash est la règle, comme de boire très alcoolisé et de façon à tenir son rang. Si vous vous laissez aller à voir ce film très intéressant, apprê-tez-vous à voyager : la recherche d’un individu en Chine, cela ne se fait pas en parcourant quelques ruelles... C’est une histoire de truanderie, exotique à nos yeux, qui se déroule au début du XXIe
siècle, scandée par divers événements, façon fermeture de charbonnages et d’usines, mais à la dimension de la Chine ; on n’est pas à Seraing avec la FGTB ! L’histoire d’amour est aussi développée de façon très retenue mais essentielle. Le réalisateur, Jia Zhang-ke, est très réputé déjà, même s’il n’a pas, en Europe, une reconnaissance aussi large dans le grand public que dans les milieux des festivals et des cinéphiles. Son travail est très militant, très engagé, ce qui en Chine, n’est pas simple. Et dans ce film, il faut donc lire bien des scènes comme liées au contexte chinois dont les méandres ne nous sont pas des plus familiers.
Le cinéma du routard.