Les murs sont, sans doute, la forme la plus tangible des limites de la connerie humaine. Muraille de Chine, Berlin, Mexique, Bande de Gaza, le 17e parallèle, celui qui sépare la Corée du Nord et du Sud... Ces lignes de démarcations, défendues par la force, laissent au moins l’espoir, la certitude, qu’elles seront effacées. Mais à quel prix !
Ce film est un biopic, simple, issu de l’histoire de deux familles qui ont choisi de passer par les airs pour rejoindre l’Allemagne de l’Ouest. Le spectacle est un enchantement dans la série qui mêle de façon talentueuse Histoire (Celle des 2 Allemagne de l’après-guerre) une histoire particulière et authentique (à découvrir à l’écran) un intense suspens, une description et reconstitution habile de l’époque, les émotions d’une vie de famille. Et un excellent jeu de « chat et souris » mené par la STASI. Nous retrouvons l’excellente restitution de l’époque de Das Leben der Anderen par exemple.
Le gros chat à des hélicoptères, beaucoup de soldats et de camions. Les souris doivent se débrouiller avec mille astuces qui déjà, passionnent le spectateur. Les mobylettes tombent en panne, les regards de tous sont ressentis comme de l’espionnage sans qu’il soit possible de faire la part des choses entre la paranoïa et le flicage omniprésent.
La musique concourt parfois de façon appuyée, académique, à cette tension croissante tout au long du film. Mais c’est la règle du genre et c’est très efficace. L’image rend superbement cette esthétique du faux cuir, du faux bois, des couleurs délavées, (sauf à la fin) et des décors intérieurs, sans style, de l’époque. Les voitures Lada sont au mieux de leur forme. Un film qui nous accroche petit à petit pour ne plus nous lâcher. Ce ballon-là marque un superbe goal pour distraire les familles et les amateurs de cinéma instructif et de loisir, de très bonne facture. Une belle illustration de Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.