Un film documentaire, de témoignages plus précisément, sur les Chiliens qui ont vécus l’horreur de l’arrivée de la dictature, puis l’exile. Ils parlent, face caméra, avec modestie, précision, sincérité et une indicible émotion qui nous serre la gorge, nous fait monter les larmes aux yeux, avec une immense pudeur.
Le film commence par le salutaire rappel de ce qui a été l’espérance de tout un peuple, levée par la victoire démocratique de Allende, par la suprématie intellectuelle incarnée par Néruda. Des images, pour certaines déjà vues ; je pense aux films Allende mi abuelo Allende (309) ou Neruda de Pablo Larrain (342) ou à travers le récit de Michel Claise, Cobre (ISBN : 2882535376).
Des discours entendus, à l’époque, et souvent rappelés, qui sont à nouveau montrés en plein écran, comme indispensable leçon de l’histoire, un rappel salutaire que l’homme peut être le pire des loups pour l’homme, et combien la volonté idéaliste de certains rachète les atroces horreurs. Ce qui donne au film une particulière actualité c’est le discret rapprochement avec le sort des migrants d’aujourd’hui : le cinéma au service des damnés de la terre. A voir absolument pour raffermir ses convictions, motiver ses actions, comme celles qui ont permis l’accueil puis l’intégration des Chiliens dans une Italie dont aujourd’hui, l’on rêverait qu’elle en soit encore capable.