Un superbe film, dans le style grand classique anglais, où tout est montré, et joliment. Il y a des plans larges, bien installés pour chaque séquence, puis les plans descriptifs, de détails, les personnages... Une écriture cinématographique calligraphiée qui correspond aux pleins et déliés de l’écriture élégante. Et plusieurs plans tournés depuis un drone, comme il est de mode aujourd’hui, accentue ce regard qui survole l’action à venir.
L’histoire semble banale qui nous amène, avec l’armée anglaise d’occupation, à Hambourg. La réquisition met en présence les occupants et les occupés. Vercors avait déjà parfaitement décrit cela dans Le Silence de la mer. Le récit qui nous est proposé ici est beaucoup plus complexe et nous allons de surprise en surprise, même si la structure du film est, disons, un peu guindée. Cela n’empêche aucunement l’émotion et le charme, l’intérêt de partager le quotidien de ces militaires anglais, et surtout le plaisir que donne cette sublime actrice Keira Knightley (*Colette (588), Imitation Game (*107), Anna Karenina (023) et The Duchess en 2008 e.a.).
Ce récit se déroule sur fond de fin de guerre et montre que l’horreur ne s’arrête pas à l’Armistice. Surtout les douleurs provoquées par la folie des hommes. Dont souvent, les femmes ne sont que les victimes endeuillées.
Le titre anglais (une nouvelle fois mal traduit) signifie « conséquences, contrecoup, suite de » et cette signification prend tout son sens à la fin de ce film qui se regarde avec un immense plaisir. Et qui nourrit la réflexion sur l’attitude qu’il conviendrait d’adopter entre les personnes lorsque le conflit est arrêté, lorsque la guerre est finie. C’est d’une brulante actualité.