Très bla bla bla, mais il faut reconnaître aux dialogues une dynamique, un sens de la réplique, une vivacité et une « modernité » qui amusent. L’idée du film est de jouer sur deux temporalités - le début de la vie des 3 enfants de la famille, et le départ de la dernière des 3 qui quitte le nid - et sur deux moments de la vie « sentimentale » : celui des femmes seules dans la quarantaine, celui des jeunes qui se cherchent dans leurs premières expériences en tous genres.
Et le spectacle repose essentiellement sur les épaules de Sandrine Kimberlain, absolument magistrale, et de toute une génération de jeunes acteurs très prometteurs. Mais le film donne une forte impression « d’entre soi » du cinéma de comédie parisienne des beaux quartiers, avec toute la série des clichés exploités de façon vive, amusante. On se laisse amuser, distraire, entrainer par le rire que provoquent certaines répliques, certaines situations. Ce n’est pas de la fine layette, plutôt de la rude gabardine sur laquelle ruisselle la vie et ses innombrables moments de joie, d’émotion, de tensions, entre les gens qui s’aiment mais s’affrontent, entre les gens qui voudraient bien mieux se connaître, faire naître des rencontres riches et prometteuses d’avenir, à tous âges. Tout cela se bouscule dans un flot de répliques, souvent « bien envoyées »
qui permettent aux spectateurs une « mise à jour » de leur logiciel de concepts et de vocabulaire pour rester « dans le coup ». Nombreuses leçons de joutes oratoires et d’idées « chelous » qui amusent, le multi-amour n’étant pas la moindre d’entre-elles. Marie Laforêt est la mère de la réalisatrice, la jeune excellente actrice, Thaïs Alessandrin, est la fille de celle-ci ! Une généalogie de talents. Mais dans un genre qui est au cinéma ce que le théâtre de boulevard est à l’art dramatique. Il faut attirer l’attention sur les décors du film qui sont tous accessoirisés de façon incroyablement clichée, à tel point qu’on peut se distraire en regardant tout ce fatras d’objets de magazines féminins, de photos de mode, qui finissent par faire rire aussi, tellement c’est convenu et dépourvu de talent. Cela dit sans « Mépris », petit gag de cinéphile que vous partagerez si vous allez vous détendre joyeusement à cette pantalonnade, mot difficile à féminiser comme il le faudrait ici, car l’on oublie que ce mot vient du personnage Pentalon, alors qu’il évoque plutôt le vêtement que l’on retire précipitamment quand l’occasion se présente ! Ce qui est fréquent dans Mon Bébé.
Ayez une pensée particulière pour le contribuable belge qui, grâce à Umedia, finance pour partie, grâce au tax shelter, ce produit de pure commerce du XVIe arrondissement de Paris.