Un récit pour adolescents, dans la veine de « Les belges du bout du monde », « Les Carnets du bourlingueur ».
Un acteur, écrivain parisien, mais d’origine sénégalaise, part pour Dakar où l’attend une espèce de congrès France-Afrique.
Un jeune sénégalais, fasciné par cet auteur, entreprend de le rencontrer. Et c’est cette rencontre qui deviendra le point de départ d’un périple doublement initiatique : celui du jeune qui va découvrir la vie d’adulte autrement que par la transmission au sein de son biotope villageois naturel, celui de cet adulte retournant aux sources de ses origines africaines. Ulysse, père et fils, pourrait-on dire.
Si vous supportez Omar Sy, l’Olivier Gourmet du cinéma français interculturel, vous vous attacherez certainement au gosse prénommé Yao dont les répliques écrites sans doute dans les beaux quartiers de Paris, sont souvent craquantes.
Comme je connais peu l’Afrique, j’éprouve une certaine gêne à la découvrir ainsi montrée avec un regard qui me semble terriblement européen, paternaliste et bon enfant. Ce qui ne manque pas
de charme : les images sont aseptisées, le son parfois inaudible comme il convient pour les dialogues dans les films français, mais la bande son est d’une grande richesse, attestant d’une mixité culturelle musicale proposée comme une référence exemplaire. Le récit est linéaire, prévisible, une sorte de safari dont les animaux à découvrir sont les habitants charmants de ces coins reculés dans un monde inaccessible. Vous admirerez des arbres aux branches décharnées et tourmentées, très enracinés dans le paysage, comme des amers sur le sable stérile d’un océan qui reste à découvrir, à conquérir.
Le film vaut le voyage, car il est agréable, pimenté avec du piment doux, dépaysant sans qu’il ne faille transporter de lourds bagages. Un joli film en famille, qui nécessite sans doute un regard d’anthropologue politiquement correct pour le décoder avec une distance critique, ce qui n’est pas dans mes cordes. Contentons-nous d’un regard bienveillant.
Le réalisateur est un vrai baroudeur du cinématographe, ayant pris des risques, soutenant une cinématographie difficile. Manifestement ce film est un plaisir qu’il a voulu s’offrir ; partagez-le comme une rencontre amicale.