Le prototype du film choral de comédie très française, bien écrite, bien jouée et avec un sujet qui, ici, sort de l’ordinaire.
Le genre de film tout terrain pour une soirée entre amis qui vont découvrir une histoire dont je ne dirai rien car sa découverte est essentielle au plaisir des spectateurs. Il y a un roulement de répliques qui font mouche, des personnages taillés à gros traits bien souvent, mais qui retiennent l’attention et la sympathie. Ce qui est moins abouti, c’est le traitement quasi insignifiant des trois enfants du couple central. Sauf la fille qui se taille deux, trois jolies saynètes. C’est du cinéma TF1/Gaumont, très formaté mais qui donne, à de nombreux très bons acteurs, l’occasion de briller, à des scènes de repas, notamment, où la surenchère des personnalités, clichées souvent, se déchaîne pour la plus grande joie du spectateur. Il y a un astucieux quiproquo d’origine littéraire qui singularise le récit et permet de nourrir une intrigue famélique. Parti sur une ambiance très banale, le film évolue de façon maîtrisée vers une comédie dramatique qui amènera même une émotion un peu midinette, mais sincère. Il faut accepter le style de jeu des acteurs, ils en font tous un peu trop, mais juste ce petit « trop » qui donne ce ton léger, amusant qui ne fait de mal à personne.
Ce qui fait mal, une fois encore, c’est de voir que Scope a utilisé le taxe shelter pour financer un film on ne peut plus français ; ah ! oui, le matériel de prise de vue est belge. Mais le film est tourné à Bordeaux et à Biarritz...
Le réalisateur a beaucoup ramé dans le métier et Retour chez ma mère (266) avait déjà mis en avant les mêmes ressorts comiques et les singularités de ce qu’il faut bien appeler un « style ». Dans L’Embarras du choix (378) mes commentaires se répétaient un peu. Alexandra Lamy s’impose dans ces trois films, construits sur les mêmes recettes. Elles ne chamboulent rien. Mais amusent.
N.B. J’ai rapproché dans ces billets, les films 639 & 640, parce qu’ils me semblent être des parfaites déclinaisons de la même recette : un groupe d’amis, une maison de campagne en bord de mer, un prétexte à se retrouver et évidemment, à régler quelques comptes que la vie a ouverts, parfois avec cruauté. Ceux qui souhaitent réfléchir au formatage du cinéma français de comédie, pourraient voir les deux films à la suite. Quelle erreur de distribution de les proposer en salle au même moment...