Très « classe » mais sans réelle lutte. Ce titre « jeu de mots » résume à la fois le côté social(isant) de l’histoire et le milieu scolaire qui est le biotope dans lequel nous sommes immergés dans les faubourgs parisiens.
Un couple élève deux enfants ; la fille issue d’un premier mariage, et le fils né de ce couple non marié. Toute la difficulté résidera dans le parcours scolaire du jeune fils, difficile dans une banlieue où la mixité sociale, raciale et religieuse est un fait majeur qui rejaillit sur tous les aspects de la vie, et en particulier sur l’enseignement.
Le film ne fait pas dans la dentelle, mais est significativement plus riche que La vie privée de Monsieur Sim (186) du même réalisateur, et certaines scènes qui sont des carrefours, des retournements de l’histoire, sont assez hilarantes. Le metteur en scène, sans avoir connu de très grands succès, est un baroudeur des plateaux. Mais c’est l’éblouissant talent de Leïla Bekhti qui focalise l’attention durant tout le film. Remarquée déjà dans Carnivores (504) et Le Grand Bain (554) où elle était coach, cette dame me semble douée de toutes les qualités qui font une grande actrice. Autour d’elle, plein de monde, une panoplie bigarrées, parfois caricaturale, mais sans verser dans le mauvais goût. Il y a même un juif religieux dans cette banlieue très musulmane, qui fait beaucoup rire. Et ne ratez pas l’institutrice qui, par petites scènes successives, devient un personnage merveilleusement drôle et touchant.
Ce qui surprend dans cette ambiance de comédie sociale et scolaire, c’est que des sujets, sous-jacents, sont plus qu’effleurés. Ce n’est pas une thèse sur la laïcité, sur l’enseignement officiel versus l’enseignement privé catholique, sur le mensonge et la tromperie, mais ces questions nourrissent significativement ce film léger qui vaut plus que ce que le titre laisse entendre. La pensée de gauche, un peu bobo, est mise à rude épreuve et cela n’est pas la moindre des qualités du film, car, d’abord cela fait rire, mais surtout, cela montre la nécessité de la confronter à une certaine réalité.
Une nouvelle fois, c’est le contribuable belge qui participe au financement via le tax shelter qui n’a strictement rien, mais alors vraiment rien à faire dans un tel film.