Il n’y a pas beaucoup de films pour grands enfants. En voici un très charmant. Il se déroule sur plusieurs décennies, ce qui nous vaut de voir Poelvoorde très jeune et adolescent. Il est le personnage central et sympathique de cette comédie distrayante, inspirée de Sempé, avec tout ce que cela comprend de léger, de poétique et de « gentil ».
Une des manifestations de cette aimable ambiance sont les décors d’une absolue propreté, comme si le village avait été construit pour les besoins du film. Nous sommes dans le Sud, au soleil, avec des gens amusants issus d’un univers proche de Pagnol.
Aucun risque de migraine ; parfois un léger ennui lorsque les choses sont un peu tirées en longueur car l’on sait le tour qu’elles
prendront. Mais cela permet de goûter aux finesses rares de ce film : un décor naturel très maîtrisé dans ses coloris, des costumes jolis, légèrement d’une autre époque, une bande sonore soignée, en particulier par les sons très différenciés des vélos, et cette voix off, jolie, charmante, qui rapproche le récit du conte. Et puis quelques séquences qui se veulent oniriques et qui, manifestement, ont fait la joie des acteurs et du réalisateur. Un soupçon de fantastique pour pimenter la fantaisie.
Et une fois de plus le tax shelter finance un film français en France profonde. Oui, il faut bien payer le Belge qui joue, la scripte et de la post production en terre wallonne. Mais pour ce qui est de défendre le cinéma belge, rien.