Tout le monde connait l’histoire de Blanche-Neige qui sert ici de prétexte à une petit fantaisie qui se veut distrayante ; elle l’est à certains égards, mais le scénario est tellement mal fichu et les dialogues dignes d’une conversation dans une loge de concierge, que le plaisir est un peu gâté.
Structuré en 3 parties, l’histoire se déroule d’une façon assez chaotique, pleine de clichés, avec plus d’incohérences que de réelles surprises car celles qui sont supposées étonner affligent.
Mais il y a des scènes rigolotes, d’autres un peu sexe, histoire de passer un bon moment pour partager l’épanouissement de cette petite délurée qui se confronte à son désir, et à la convoitise des mâles un peu déjantés. Il y a 7 nains naturellement, mais que l’on envierait à certains égards.
Isabelle Huppert est égale à elle-même, sans surprise, Benoît Poelvoorde justifie le tax shelter avec sympathie : il est amusant mais peu présent. Charles Berling me semble un acteur d’excellente qualité, trop rare. L’effet des frères jumeaux est bien mené. Mais c’est Lou de Laâge qui marquera les esprits. D’une ardente jeunesse, elle a une grâce physique bien assortie à son talent d’actrice. Vue à de nombreuses reprises déjà, dans un Blanche-Neige pour la télé, elle avait frappé dans Jappeloup (034) et Respire (035). C’est avec Les Innocentes (224) de la même réalisatrice Anne Fontaine, qu’elle a ébloui déjà. Anne Fontaine a réalisé aussi e.a. Gem-ma Bovery (071)
Ici, je ne sais trop pourquoi, le scénario est bancal et le spectateur s’occupe en admirant quelques panoramas montagneux, filmés par un drone (il s’en utilise maintenant dans chaque film), en s’amusant de telles petites saynètes, et feignant de s’inquiéter de l’usage du poison par la marâtre de pacotille.
La bande sonore est très travaillée, peut-être aussi confuse que le scénario, mais cela s’entend moins. Du Bach au violoncelle, cela fait tout de suite (excusez le mauvais jeu de mot) « très classe ».
Un peu de musique de suspens, avec des hurlements lointains de loups qui répondent aux coulées de harpe. De la musique de boîte de nuit... Tout cela est convenu, mais très pensé, écrit et dirigé par le forçat de la musique de film, Bruno Coulais. Pour ceux que cela intéresse, ils remarqueront une fois de plus l’alliance Gaumont Scope et Umedia pour les dépenses « belges » justifiant un tax shelter que les beaux décors du Vercors éloignent bigrement du cinéma belge.