Sabine Azéma et André Dussollier sont des acteurs d’exception. C’est grâce à leur talent que ce genre de film surnage. Le précédent, sobrement titré Tanguy, a tout de même fait un record d’entrées et son héros a été élevé au rang prestigieux d’antonomase... (Pour les gens normaux, ça veut dire qu’un Tanguy, c’est un adulte qui vit chez ses parents)
Les parents de Tanguy sont drôles et amusent avec un ton très BCBG sur base d’un scénario pour le public des beaux quartiers, retraité qui, pour tromper leur ennui, se retrouve avec leur groupe d’amis, en faisant du golf de surcroît. L’imagination ne manque pas pour faire rebondir l’histoire comme une grenouille saute de nénuphars en pierres plates. Il y a de nombreuses trouvailles, des répliques bien ciselées, des proverbes chinois qui font rire. Et les situations, aussi prévisibles qu’un horaire de chemin de fer, sont généralement bien exploitées. Vous apprécierez la construction comique en deux temps, en deux scènes qui se répondent. Il y en a beaucoup.
Le lieu principal de l’action est l’illustration parfaite du décor manquant totalement de talent de décoration. Mais cela convient plutôt bien, car en fait, dans le film, tout est faux. Même - on le lui souhaite - les ennuis de prostate de Dussolier. Etienne Chatillez a été un baroudeur du cinéma publicitaire et, avec La Vie est un long fleuve tranquille il a fait une entrée fracassante dans la comédie de qualité. De nombreux aspects de sa mise en scène « sentent » le spot de pub. Voyez les gros plans, les avant-plans, les mises en place de caméra, etc.
Bref, si vous avez envie de vous distraire sans risque de surmenage, allez voir ce film qui pourrait être titré « Les envahisseurs » mais qui n’a rien d’un film d’épouvante. Même si certains trouveront de bon ton de le trouver épouvantable.