Corruption, mafia en col blanc, affairisme en tous genres. A l’espagnole. Il me semble impossible de comprendre toute la complexité des réseaux qui ont fait la fortune des corrupteurs et des corrompus, jusqu’à ce que les enquêtes de la police déstabilisent cette fourmilière de canailles sans scrupule. Il s’agit du destin du dauphin d’un parti politique important qui pratique la prévarication comme d’autre le golf. Entre amis. C’est son point de vue que le scénario adopte. Le spectateur est entraîné dans une sorte de tornade, une logorrhée tumultueuse entre personnes peu recommandables qui essayent de sauver l’essentiel, c’est à dire de quoi faire chanter ou taire les autres.
Il faut un peu de patience car le film est souvent répétitif. Mais la dernière partie est d’anthologie et la scène de fin est exceptionnelle : une interview télé, un tête à tête en direct où le politicien truand semble prendre le dessus dans un duel verbal de haut vol, face à la réplique d’une rare vigueur de l’intervieweuse. Mais pour en arriver à ce point culminant, il faut faire preuve d’un peu de compréhension. D’indulgence aussi devant certaines invraisemblances.
Ce qui permet d’être attentif à la bande sonore extrêmement travaillée, en particulier par la musique qui « tend » l’ambiance, discrètement, mais constamment, et aussi les choix des sons qui ont été sélectionnés et remplacent en quelque sorte ce qu’il serait normal d’entendre. Très intéressant travail qui contribue à singulariser le film d’une façon rare. L’image est sophistiquée aussi, les focales utilisées de façon adaptée aux moments du récit, le montage très efficace pour briser sans cesse un rythme infernal, frénétique, qui finit par irriter un peu car il prend le pas sur le sujet de plus en plus confus.
Mais le public espagnol s’est retrouvé dans cette vertueuse condamnation du royaume des politiciens pourris.