Ce titre de chanson cache mal un sous-produit de La vie est un long fleuve tranquille pour banlieusards dépressifs, mettant en présence une famille craca et une famille hip ! C’est assez consternant et mérite de ce point de vue, une attention d’ethnologue : comment peut-on aujourd’hui produire un film de ce genre ? Poel-voorde n’avait sans doute pas lu le scénario en s’embarquant dans cette gondole à la dérive. Et en plus, il y a un côté « road movie » qui permet au réalisateur de faire du minutage avec des plans de drone qui montrent la caravane tirée par la Volvo de la famille cracra le long des routes qui mènent à Venise.
Ce qui est frappant, c’est la similitude du jeux de tous les acteurs, qui en font « une caisse » manquant totalement d’intériorité et manifestement en attente du « coupez » salvateur qui les délivre à chaque fois du numéro de singe que l’histoire leur impose. Si vous vous laissez aller vers cette Lagune, observez les cadrages chaque fois que possible, construits en parfaite symétrie. Le réalisateur a dû voir cela dans des films... Et il croit que cela donne un style ! La bande musicale est une sorte de tout à l’égoût du mauvais gout qui, je l’ai bien compris, est une intention d’auteur, un fil rouge durant tout le film, pour créer l’ambiance et le contraste entre les choix des cracra et la dilection musicale des hip !
Ce qui achève de donner le mal de mer, c’est l’arrogante animation SCOPE en début de projection, annonçant que le spectateur verra une fois de plus comment utiliser l’argent belge pour un film qui ne l’est aucunement. Sauf l’équipe Umedia pour la post prod. C’est la collusion des parasites. Et le générique de ces deux sociétés est presque aussi long que celui de l’équipe de tournage. On n’oublie personne puisqu’ils sont rémunérés par les contribuables belges.