Un film intimiste, dense, tendu comme ceux des Frères Dardenne lorsqu’ils n’utilisent pas de vedette, mais des adolescents, ici aus-si, 2 jeunes admirablement dirigées. Une jeune fille quitte l’institution dans laquelle elle fut colloquée suite à des faits apparemment graves. Elle retrouve sa sœur cadette et partent à la recherche de leur père. Voilà. C’est tout.
Mais c’est tellement subtilement décrit, c’est d’une âpreté sociale, d’une finesse d’interprétation, il y a un sens de la litote cinématographique absolument remarquable dans ce récit qui vous donne envie de le suivre, de le comprendre, qui lève en vous une sincère empathie pour ces deux gosses que leur destin a fracassées. La question qui se pose est évidement de savoir si elles vont le surmonter. Suite à l’écran, et au-delà, car l’une des qualités du film est de n’être en rien démonstratif ou prescriptif.
Ce film est l’illustration parfaite, une nouvelle fois, qu’il faut aller au cinéma en prenant des risques. Je ne savais rien de ce film, sauf la recommandation d’une personne dont j’estime les avis
« Vas le voir ». Un point c’est tout.
C’est aussi le premier film d’une personne qui a une carrière d’actrice déjà accomplie et qui, peut-être, trouve là une forme nouvelle d’expression qui aborde finement de nombreux thèmes importants : la violence intrafamiliale, le féminicide, l’usage des armes à feux, la délinquance des jeunes, leur rejet par la société, les appétits sexuels des mâles dominants, les normes sociales et leurs transgressions,...
Un road movie en transport en commun qui n’est pas commun.