Nous voilà plongés comme dans une bouillonnante friture, à la suite de 3 jeunes scénaristes italiens, dans l’effervescence de ce milieu du cinéma romain qui va être dépeint de façon fellinienne. L’un des scénaristes est très cinéphile-intello, l’autre très tourné vers la vie sexuelle débridée que l’on fantasme (avec beaucoup d’humour) lorsque l’on rêve de ce milieu, et la jeune fille, elle, est totalement névrosée. Certaines rencontres sont absolument hilarantes dans un climat baroquissimo. Les dialogues ruissèlent en cascade comme celle de la Fontaine de Trevi ; cela éclabousse de partout. Mais le sentiment qui domine après avoir essayé de lire frénétiquement les sous-titres qui se succèdent à la mitraillette, c’est que l’on a fait beaucoup de vent, on a assisté à une espèce d’hommage que seuls les cinéphiles versés dans le cinéma italien de la grande époque peuvent apprécier dans toutes ses nuances et ses références.
Le subterfuge scénaristique est amusant qui fait démarrer le film comme une enquête de police après un meurtre aussi invraisemblable qu’une cascade de cinéma. Cela donne le ton, mais l’idée ne tient pas la route (de là, peut-être, l’accident meurtrier ?) Le réalisateur qui a débuté sa carrière comme scénariste, sait parfaitement de quoi il parle et il en parle (surabondamment) très bien. Nous l’avions commenté de façon louangeuse pour son film La Pazza gioia (288) qui est un peu dans le même ton que celui-ci, et pour The Leisure Seeker (464) magnifique film aussi, plus intimiste.
La Nuit Magique se déroule en 1990, très exactement le soir d’un match de foot qui est resté dans l’histoire et cela ajoute encore au côté trépident de la narration. N’hésitez pas à vous offrir cette soirée estivale, elle est effervescente comme l’Etna une nuit d’éruption.