Il y a le porno chic ; ici c’est un film thriller horrifique chic. Tout est parfaitement artificiel, l’histoire très alambiquée est le pur produit de l’imagination des scénaristes et le spectateur doit rester bien concentré pour ne pas se dire « c’est totalement invraisemblable » car alors, il décrocherait et ne profiterait pas de l’inventivité, des subtilités, des rebondissements et des effrois bien amenés qui donnent au film sa raison d’être : montrer une relation complètement névrotique qui devient un peu gore. C’est mené avec une grande maîtrise technique, ce qui occupe lorsque l’on se lasse un peu des montées en tension, des scènes préparatoires ou répétitives qui contribuent au suspens de carnaval. Ce n’est pas Orange mécanique, ni Vendredi 13, mais il y a des liens de parenté. La bande musicale est assez simpliste, avec des effets très appuyés
de musiques pour faire peur, avec de la musique classique comme un antidote aux épouvantes qui se succèdent et puis une délicieuse utilisation de Sous les ponts de Paris, par Lucienne Delyle, je crois, qui fait franchouillard, comme la petite Tour Eiffel dont vous découvrirez l’utilité.
Le metteur en scène irlandais est un baroudeur du frisson et il montre ici l’étendue de son savoir-faire. Certains diront « de son talent ».
Plus encore que Isabelle Huppert qui, sans surprise, est fascinante, c’est Chloë Grace Moretz qui s’impose comme une superbe interprète, charmante et sympathique.