Sans doute faudra-t-il attendre son décès pour que ce cinéaste dont tout le monde se moque devienne ce qu’il est, l’un des auteurs les plus originaux et prolifiques du cinéma français. Les éloges seront unanimes, alors que les sarcasmes ont jalonnés son long parcours. Il est vrai que lorsque la nouvelle vague a déferlé, Le-louch c’est mis à surfer sur la vague d’à côté.
Le voici donc à son 49e film ! Arrivera-t-il comme Mocky, tant moqué lui aussi, à 66 longs métrages... Mocky était l’*anarshow de service, Lelouch, c’est la guimauve à tous les plats.
A ce film-ci s’ajoute un parfum de sapin. Nous retrouvons, au soir de sa vie, Jean-Louis Trintignant dans une maison de repos, de grand luxe, en Normandie. Le premier plan sur lui pourrait être un hommage à Jeanne Dieleman : il semble ne jamais devoir finir.
Évidemment Anouk Aimée, tant aimée, va venir lui rendre quelques visites et l’imagination de l’un, les souvenirs de l’autre,
s’entremêlent affectueusement, avec de nombreuses images d’*Un Homme et une Femme, des évocations de ce film mythique. Voilà, c’est tendre et tiède, les dialogues sont soignés, touchants, avec quelques aphorismes un peu lourdingues : Il est plus facile de séduire 1.000 femmes que de séduire 1.000 fois la même femme.
La musique de piano-bar, avec des remix de voix et de chansons anciennes, ajoute, à ce sirop un peu trop sucré, un petit goût de miel que le public saura apprécier. Marianne Denicourt est très bien utilisée comme directrice de cette maison de retraite. Le film comprend quelques plans tirés en longueur : la traversée de Paris
e.a. et les dialogues filmés à la très longue focale sont aussi touchants que répétitifs. C’est beau, mais voir et revoir sans cesse Anouk Aimée remettre en place sa mèche de cheveux, finit par lasser. Le tournage a duré 13 jours. Produit par les Films 13, voilà qui amuse. Mais ce producteur dispose d’assez de rushes pour en faire un long métrage plein de nostalgie. Car quand vient le soir, ce ne sont pas les plus belles images d’une vie.