Le film est singulier, fascinant, envoûtant, même si parfois, un peu longuet. Il s’apparente au genre « folk horror ».
L’avant-propos, avant le générique, les prolégomènes pour parler chic, sont exceptionnels, une leçon de cinéma. A tous égards. Le sens de la narration, la mise en image, le montage qui expliquent tout sans aucun détour, malgré la complexité du propos, des images extrêmement lisibles, et dans un contexte qui leur donne une puissance émotionnelle considérable. Ce que nous apprenons là, est évidemment le creuset qui va nourrir, non pas l’histoire qui va suivre, mais la diversité des réactions qu’elle suscitera.
Quelle histoire ? Celle de 4 amis terminant leurs études d’anthropologie, d’une petite amie qui se joint à eux, et qui se proposent tous de rejoindre un groupe un peu mystérieux, pour célébrer le solstice d’été, en Suède, dans un endroit qui se doit d’être très secret, vu ce qui s’y passe. Le plan, devenu inévitable, tourné depuis un drone, l’est ici d’une façon renversante qui marque en quelque sorte un vrai basculement entre l’avant et l’après. Amusant d’y être attentif.
Nous découvrons progressivement cette communauté sectaire très baba-cool, imprégnée de sa conviction d’avoir raison, exaspérante comme toute communauté religieuse prosélyte, avec ses rituels, ses gourous, ses rapports de force et de dépendance, son autorité dictatoriale dans une tenue à fleur rehaussée de lettres mystérieuses et de signes cabalistiques. Les repas rituéliques sont des spectacles, les danses, les cérémonies, des chorégraphies et tout cela se découvre avec étonnement et l’on se demande où l’on va s’arrêter.
S’il fallait vous motiver encore, je mentionnerais la scène de fécondation (un coït) organisée comme une petite fête en public ; étrange... La bande sonore est d’une grande richesse qui utilise trois registres : celui de la musique extra diégétique « classique » celle diégétique des musiciens qui accompagnent les fêtes et les événements de cette secte, et les effets anxiogènes qui créent une tension sourde qui contribue pour beaucoup à retenir l’attention.
La photographie est d’une grande beauté, Laura Ashley par David Hamilton. Tout en extérieur, dans une lumière très particulière qui nimbe cette fête de la Saint-Jean dévoyée.
Ce film est le deuxième long métrage d’un réalisateur américain qui est fasciné par le cinéma d’horreur. Ce film-ci cache bien son jeu car c’est plus la progression de la démence collective qui est traitée que le gore primaire. Bien que deux ou trois moments feront baisser les yeux aux regards fragiles.
Supposé se dérouler en Suède, le film a été tourné en Hongrie, avec un soin remarquable de chaque détail.
C’est flamboyant ; jusqu’à la scène finale...