François Mauriac revient en Argentine, à l’ère de la G.P.A. (Gestation pour autrui).
Le titre du film est le nom d’une somptueuse propriété de la grande bourgeoisie qui sera le lieu, le centre même de l’histoire, et, nous le découvrirons, son abcès putride.
Les parents propriétaires sont des personnalités très fortes, ayant eu deux filles, plus belles et charmantes l’une que l’autre. Mais la vie a tracé des chemins très complexes dont la révélation progressive fait le charme de l’histoire, sa singularité surtout, car les liens entre eux tous ne sont pas ordinaires.
Le réalisateur argentin a une très forte écriture, remarquée déjà dans El Clan (238) et qui s’exprime ici dans un milieu plus « feutré » mais non dépourvu de vigueur. Il dirige son épouse Martina
Gusman dans le rôle d’une des sœurs, l’autre étant interprétée par l’irrésistible Bérénice Béjo, toutes deux parfaites. Mais c’est leur mère, Graciela Borges qui est fascinante de talent, de personnalité, dans son personnage proche de Folcoche. Depuis la fin des années 50, cette actrice est au firmament du cinéma argentin. Quel talent !
Le film superpose, entremêle subtilement plusieurs niveaux de lecture : l’histoire familiale, le contexte historique argentin et les relents d’une dictature qui marque encore bien des attitudes, des souvenirs et des culpabilités, mais aussi, une dimension très psychologique, physique, entre les personnages qui ne semblent trouver que dans la sexualité vécue avec une sorte d’urgence, un espace de liberté et de plaisir.
Bref, un film qui est tout, sauf un moment de quiétude.