Un film scolaire, sans grande originalité, sans histoire, mais qui n’est pas dépourvu de charme, celui de tous les acteurs, jeunes et inconnus, amusants, utilisant une langue très locale, celle du NEUF-DEUX comme il faut dire, pour nommer cette banlieue qui n’arrête pas de faire parler d’elle. Ici de façon sans doute schématique décrivant une année dans la vie d’un collège comme nous en avons déjà vu de nombreux. Entre les murs, Esprit rebelles, Swagger
(373). Toujours sur les mêmes clichés : copains ou père taulards, blacks, beurs bien mélangés avec quelques purs caucasiens, essayant tous de surpasser les autres par leur humour, leurs petites conneries, leurs vannes à deux balles, dans une ambiance assez drôle, sauf pour les profs, véritables souffre-douleurs. Il se dégage de cette heure et demie un sentiment de déjà-vu, de répétition sur le destin carcéral de la banlieue pauvre et acculturée, sur cette fatalité qui enferme ces jeunes sans perspective. Sauf si... Ah ! oui, une lumière soudain naît dans le regard le plus fermé, allumée par l’inépuisable optimisme des encadrants dévoués qui déteignent un peu sur ce milieu de caillera aux visées chelou.
Le duo de réalisateurs avait été très remarqué dans Patients (369). La musique joue, sans surprise, le rôle qui lui revient : les chansons, la symbolique de la cacophonie qui devient à l’unisson, tout cela un peu appuyé pour séduire le (jeune) public et donner l’impression que le spectateur est immergé (de gré ou de force) dans cet univers qui nous est présenté un peu comme un zoo humain qui s’exhibe.
Zita Henrot est égale à elle-même, de naturel, de charme et de talent comme déjà L’ordre des médecins (595), Carnivores (504),
e.a. lui avaient permis de briller. Elle est le fil conducteur de ce film et cela lui va bien.
Une soirée de cinoche qui tranche sur le cinéma franchouillard, mais de façon un peu potache. Normal pour la vie scolaire.