Aller voir un film dont le rôle principal est attribué à François Da-miens, c’est un peu comme se vêtir d’un cilice, d’une haire, à même la peau : cela va gratter, cela risque de saigner.
Mais heureusement la rédemption vient de certains moments charmants dans ce film à voir un jour de grosse pluie, à la télé (Produit pur Tf1 + Scoop Invest). Et sans match de foot.
Comme Damiens y tient le rôle d’une brute imbécile, un gros con alcoolique, ça passe car il ne manque pas de naturel.
Son fils, préadolescent, est manifestement doué pour le foot et c’est autour de ces rêves, larges et ambitieux, que se tricote l’histoire. Le versant familial est un couple divorcé, le versant social, le Nord de la France, déserté et pauvre, le côté sportif, un club de sous-division, jouant sur une pelouse pas entretenue, avec des parents qui ne rêvent que du Maradona en puissance que sera leur rejeton.
C’est bien observé, les dialogues sont parfaitement bien écrits, même s’ils sont construits de façon banale, sans surprise. Quelques expressions du genre « Tu vas prendre cher » donne un ton juste aux échanges, surtout entre les jeunes.
Il n’y a guère de surprises dans ce film dont l’histoire est prévisible et cousue de fils blancs.
Quelques croquis amusants montrent un neveu pâtissier (donc un brave homme sûrement), une sœur de lait, une assistante sociale, un bistrotier, et surtout l’entraîneur interprété par un Dussollier dans la forme qu’on lui connaît lorsqu’il rend service pour gagner sa vie. Ajoutez à cela une espèce de métaphore, de parabole, qui justifie le titre et vous comprendrez que le film fait de louables efforts mais reste très accessible...
Un film mou comme l’était déjà son 1er film, Rosalie Blum (248). Avec un soupçon d’ambition, celle de poser la question de savoir jusqu’où un jeune fils peut aller pour essayer de sortir son père de l’ornière. L’ennui, c’est que nous y sommes tombés ; sans grand mal, il faut l’admettre. Sauf pour le détournement d’argent public organisé par le tax shelter qui justifie la paye de Kaatje Van Damme (magnifique maquillage comme dans Mon Ket) et de quelques autres prestataires, travailleurs migrants.