N’entrez pas ! Hélas, car ce réalisateur est un homme très productif dans des genres différents, certainement talentueux et son précédent long métrage Plaire, aimer et courir vite (521) ne manquait pas de qualités, même si j’écrivais qu’il ne fallait pas courir pour aller le voir. Nous retrouvons dans ce film, les mêmes sophistications dans la structure du récit mais ici, il est linéaire. Ce qui le rend « fantasmé », c’est la coexistence, près de la femme, de son mari à plusieurs âges, interprété par des acteurs différents ; c’est amusant. Mais lorsque le subterfuge narratif est installé, les choses se répètent et le pétard semble mouillé car cela ne débouche sur rien de bien extraordinaire. De courtes scènes qui se veulent amusantes, une love story parallèle et entremêlée, avec une professeur de piano dont le nom très mozartien est Haffner.
Le film est bavard, et souvent, comme déjà mentionné pour le film précédent, les dialogues s’entendent mal.
Les décors sont non seulement d’une pauvreté de studio sans budget, mais en plus l’usage qui en est fait au cadre me semble être de la télévision des années soixante : la caméra qui passe d’une pièce à l’autre comme si elle était au plafond et se glisse au dessus du mur... On a fait moins maladroit.
Les acteurs m’ont semblé très peu convaincants, essayant de donner corps à des rôles qui se veulent très réalistes mais qui manque complétement de crédibilité. Ne ratez pas une espèce d’Aznavour affligeant.
C’est la midlife crisis une fois de plus évoquée avec une recherche laborieuse d’originalité. Quelques fugitives scènes de sexe essayent de donner vie à ces bavardages de salle d’attente chez le psy.
Une fois encore Scope utilise l’argent belge du tax shelter dans un film hyper parisien, avec quelques travailleurs détachés pour justifier les dépenses. Et un tournage en studio au Luxembourg. Quand on sait les noises que l’on cherche aux techniciens qui ne sont pas domiciliés au bon endroit (et il y en a trois en Belgique, de
« bons » endroits) pour permettre aux productions de bénéficier des aides régionales, c’est vraiment de la provocation.
Bref, un film qui ne tient pas ses promesses et qui, cependant, semble très soutenu par la critique. De peur de passer à côté de quelque chose d’innovant ? A vous d’en juger si vous avez envie de passer la porte.