Shame on me ! I never watch t.v.
C’est donc en totale ignorant que j’ai découvert cette comédie anglaise bavarde, la vie de l’aristocratie royaliste provinciale dans les années 20. Après les plans que seuls les anglais savent filmer, de locomotives à vapeur, de gares victoriennes, de tramways à étage et de voitures de Royal Mail relayées par le facteur motocycliste, nous vivrons pratiquement tout le film dans cette demeure aus-si compliquée que les liens entre les personnes qui y habitent, y viennent dans de somptueuses voitures ou y travaillent en livrées. La règle du jeu consiste, comme dans le film de Renoir, à passer des salons aux offices, des boudoirs aux cuisines, commentant sans cesse les faits et gestes des protagonistes/antagonistes qui, tous, ont de bonnes raisons à faire valoir, parfois au prix de
mille facéties, de vives discussions comme les anglais en ont, ou l’étonnement s’exprime avec les paupières, la surprise par un bref silence, la fureur par un haussement de sourcils et les conventions par un flot de paroles convenues, très amusantes le plus généralement. Ce qui donne du rythme et du piquant à l’histoire, est l’annonce de la visite du roi George V et de son épouse, la reine Mary. Nous sommes en 1927 et tout est fait pour nous en faire partager le luxe, celui des costumes, des vaisselles, du mobilier, y compris un bal dont la musique évoque et résume si bien l’arrogante futilité qui régnait à l’aube des années trente. Une belle réussite dans la catégorie des films qui nous permettent de partager une époque à jamais absorbée par l’histoire. Et un agréable moment de cinéma détente.